1ère gare européenne, 3ème gare du monde, 4 pays européens desservis : Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, 2100 trains par jours...

La plus grande et la plus ancienne gare parisienne
La gare du Nord telle que nous la connaissons a été ouverte au public le 19 avril 1864. Elle remplace une première gare, inaugurée le 14 juin 1846, un « embarcadère du Chemin de Fer du Nord » qui est alors la deuxième gare parisienne après Saint-Lazare. Il couvre 12 000m² et ne dessert que deux voies, l’une pour les arrivées, l’autre pour les départs. Une faible capacité qu’il faut rapidement faire évoluer. L’autorisation du Ministère est accordée avec comme indications au cahier des charges le placement d’une horloge dans la façade extérieure et que la gare réponde aux besoins du présent et de l’avenir. Jacques-Ignace Hittorff, l’architecte de la Ville et du Gouvernement chargé de réaliser la gare, orchestre pendant trois ans des travaux d’ampleur : la surface de la gare triple (36 000 m²) et son nombre de voies quadruple (8 voies). Elle arbore une façade de 180 mètres de long ornée d’un pavillon central de 30 mètres de haut et de statues symbolisant les principales destinations européennes et régionales desservies. Inaugurée en 1864, la structure du bâtiment est restée quasiment à l’identique jusqu’à nos jours.

Paris capitale attire de grands événements : la gare se métamorphose
Si le bâtiment n’a que peu changé en 150 ans, l’intérieur de la gare a dû subir d’innombrables remaniements pour répondre à l’augmentation constante du trafic. Son histoire est intimement liée à celle de Paris et des grands événements qu’accueille la capitale. Les grandes expositions universelles de 1854, de 1889 et de 1900 ont constitué des opportunités de travaux d’agrandissement rendus par ailleurs nécessaires par la forte croissance de sa fréquentation. Pour les expositions universelles de 1889 et de 1900, le nombre de voies passe respectivement de treize à dix-huit voies, puis dix-huit à vingt-huit voies. Surtout, sa fréquentation ne cesse de croitre. Rien qu’entre 1875 et 1889, elle passe de 6 à 10 millions de voyageurs.

Plus d’un siècle de travaux de modernisation
Tout au long du 20e siècle, la gare connaîtra une fréquentation croissante liée notamment à son interconnexion à d’autres réseaux (métro, RER), à l’arrivée de nouveaux sillons (banlieue, Europe) ou encore à des progrès technologiques (électrification).
Ce fut notamment le cas :

  • en 1906, avec l’arrivée du métro (ligne 4)
  • dans les années 1950 et 1960, avec l’électrification des voies,
  • entre 1977 et 1983, avec le chantier titanesque de la gare souterraine dédiée à la banlieue,
  • en 1993 et 1994, avec l’arrivée de la grande vitesse avec le TGV Nord et de l’Eurostar.

Un espace restreint
Fréquentée quotidiennement par plus de 700 000 voyageurs, Paris gare du Nord est aujourd’hui sous-dimensionnée et l’environnement très contraint. Héritage des conséquences d’un conflit personnel entre les barons James de Rothschild et Georges-Eugène Haussmann, la gare a été privée d’un réel parvis et des réserves foncières nécessaires pour permettre une réelle expansion. Le défi : « pousser les murs » dans un espace réduit et moderniser la gare sans dénaturer son architecture, classée au Patrimoine.